Exploration de la vacance commerciale

Au gré des échanges et des présentations de Pas de Vacances pour la Vacance, nous avons régulièrement été interrogés sur le déploiement d’une démarche similaire concernant d’autres types de locaux. A ce titre, les locaux tertiaires, d’activités et particulièrement les locaux commerciaux sont perçus par les acteurs comme autant d’existants à activer pour la mise en œuvre concrète d’un urbanisme tourné vers la sobriété. En effet, en centre-villes comme aux franges de nos espaces urbains, la multiplication des surfaces vacantes (ou sur le point de le devenir) interroge.

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Dans les centres urbains, le commerce, historiquement vecteur de dynamisme et de dialogue avec l’espace public, subit une concurrence (très) forte des périphéries commerciales, qui ne cessent de se développer. Les travaux sur le sujet ne manquent pas, et certains auteurs ont joué le rôle de pionniers, à l’instar d’Olivier Razemon (Comment la France a tué ses villes?, 2016) ou en encore Franck Gintrand, qui a consacré sa carrière à alerter sur la compétition commerciale entre centre et périphérie (Le jour où les zones commerciales auront dévoré nos villes, 2018). Ces ouvrages font état de la progression inexorable des surfaces commerciales neuves en périphérie. Les externalités négatives sont pourtant nombreuses, tant sur la vitalité des centres urbains que pour les impacts environnementaux liés à cet urbanisme de zonage : allongement des temps de déplacement du fait de la périurbanisation, artificialisation des sols, émissions de GES liées à la construction de ces surfaces … En parallèle, il faut accepter que les modes de consommation ont beaucoup changés, bousculés par le e-commerce au tournant des années 2010 puis par une volonté de consommer localement et durablement depuis les années 2020 (la Ville du quart d’heure).

Toujours est-il que la vacance commerciale augmente, à commencer par les cœurs d’agglomération moyennes qui peinent à véritablement endiguer ce phénomène. Entre temps, plusieurs travaux révèlent que les zones activités économiques sont également touchées, à l’instar de l’excellente étude de l’Agence d’Urbanisme Bordeaux Aquitaine publiée en mars 2020 Vers des friches dans les grands formats commerciaux ?. Cette tendanceinterroge fortement les acteurs de la fabrique de la ville sur l’avenir de ces surfaces, souvent implantées trop loin des lieux de vie et des aménités urbaines. Bien que les pistes de reconversions soient nombreuses, la reconversion de ces espaces est ainsi loin d’être évidente, en particulier dans le contexte actuel de réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre et de réduction de l’artificialisation des sols.

A ce jour, il n’existe pas de véritable base de connaissances pour l’exploration fine de ces existants. En outre, les différences fondamentales entre le commerce de centre-ville et celui des périphéries ne permettent pas de proposer une vision unifiée de ces deux univers. Comment intégrer ces objets aux enjeux si différents dans un modèle global et cohérent ? Quels seraient les outils spécifiques à proposer aux acteurs de la ville ?